Communiqué de presse
Climat : à quoi ressemblera Belém, la ville-hôte de le COP30, dans 50 ans ?
Le lundi 10 novembre, à Paris - Alors que la COP30 s'ouvre à Belém, la start-up française Callendar publie une étude inédite présentant des projections climatiques à l'horizon des 50 prochaines années. Réalisée avec la solution ClimateVision, cette analyse révèle que la ville hôte de le Conférence des Nations Unies sur le climat est elle-même particulièrement vulnérable notamment face à la hausse des températures et à l'élévation du niveau de la mer.
Principaux enseignements :
-
La température à Belém augmente actuellement de 0,23 °C par décennie, un rythme supérieur aux variations naturelles du climat.
-
Selon nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la température moyenne à Belém devrait augmenter de 1,2 à 3,6 °C au cours des 50 prochaines années. Si les objectifs de l’Accord de Paris sont respectés, le réchauffement se stabiliserait autour de +1,2 °C par rapport à la période 1985–2014. Dans un scénario pessimiste, la hausse pourrait être trois fois plus importante.
-
Les vagues de chaleur vont s’intensifier : la température la plus élevée connue, 34,6 °C en 2009, pourrait être largement dépassée avec des maximas au-delà de 39 °C. Combinées à une forte humidité, ces conditions approchent les limites de la tolérance humaine.
-
Le niveau moyen de la mer pourrait s’élever de 35 à 56 cm d’ici 2080, voire dépasser un mètre dans les scénarios extrêmes, aggravant les risques d’inondation et d’intrusion saline.
-
Les précipitations annuelles pourraient légèrement diminuer, sans signal net sur les extrêmes de pluie ou de vent.
« Atteindre les 40°C dans une région tropicale humide ou voir la mer s’élever de plus d’un mètre ne sont plus des hypothèses rares : ce sont des projections que l’on rencontre désormais partout dans le monde. Pour un expert, ces chiffres ne surprennent plus vraiment à l’approche de la deuxième moitié du siècle. » constate Samy Kraiem, climatologue chez Callendar.
Selon Thibault Laconde, ingénieur et fondateur de Callendar, « ces projections illustrent les limites de l’adaptation. Sans réduction des émissions de gaz à effet de serre, Belém, comme tant d’autres grandes villes, pourrait franchir au cours des prochaines décennies des points de bascule au-delà desquels il n’existe plus de solution. Les négociateurs feraient bien de s’en souvenir au moment où s’ouvre la COP30. »
Une hausse déjà marquée des températures et un avenir conditionné aux réductions d’émissions.
Sous présidence brésilienne, la COP30 va faire de Belém la capitale du climat pendant les deux prochaines semaines, dans un contexte marqué l’hostilité renouvelée des Etats-Unis et par une remise en cause croissante du consensus scientifique sur le changement climatique. Pourtant, les données analysées par Callendar montrent que la ville de Belém s’est réchauffée de 0.23°C par décennie en moyenne sur la période 1991-2020. Cette tendance est statistiquement significative, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être expliquée par la variabilité naturelle du climat.
Les projections climatiques indiquent que cette augmentation devrait se poursuivre quoiqu’il arrive au cours des 3 prochaines décennies. A partir du milieu du siècle, cependant, l’avenir de Belém, comme celui de nombreuses autres villes, dépend directement des décisions que nous prenons aujourd’hui en matière d’émissions de gaz à effet de serre.
Dans un scénario optimiste (SSP1-2.6), compatible avec l’Accords de Paris, la hausse de température se stabiliserait autour de +1,2 °C par rapport à la moyenne 1985–2014. En revanche, dans un scénario pessimiste (SSP5-8.5), la température moyenne pourrait augmenter de 3,6 °C d’ici 2080, un réchauffement brutal susceptible de bouleverser radicalement les conditions climatiques locales et la vie des habitants.

Figure 1 : Projections de température moyenne (médiane et intervalle de confiance à 90 %)
Source: Callendar ClimateVision
Une intensification des vagues de chaleur pouvant menacer la survie humaine
Les vagues de chaleur à Belém pourraient s’intensifier au point de frôler les limites physiologiques humaines. Le maximum historique enregistré, 34,6 °C en octobre 2009, pourrait être dépassé fréquemment dès les prochaines décennies. Dans un scénario optimiste, le seuil de 37 °C aurait environ 1 % de chance par an d’être franchi d’ici 50 ans. Dans un scénario pessimiste, les températures maximales pourraient dépasser 39 °C.
La combinaison de cette température avec une humidité élevée, typique du climat équatorial humide, augmente fortement le stress thermique pour l’organisme. L’humidité limite en effet l’efficacité de la transpiration, la seule manière pour le corps de réguler sa température lorsque l’air extérieur dépasse 35 °C. Ces conditions présentent un risque d’épuisement, de déshydratation et d’hyperthermie (« coup de chaleur »), pouvant devenir mortelle en quelques heures.
Si ce phénomène nécessite une étude spécifique, il illustre la possibilité de situations dans lesquelles l’adaptation devient pratiquement impossible, soulignant une fois de plus l’urgence de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre pour éviter d’atteindre ces points de bascule.
Une élévation potentiellement catastrophique du niveau de la mer
L’élévation du niveau de la mer est un des sujets sur lesquels les projections climatiques sont encore très incertaines. Cependant cette incertitude porte plus sur le rythme d’élévation que sur le niveau qui sera atteint à terme. Comme la plupart des villes côtières, Belém est d’ores-et-déjà en partie condamnée par la submersion, la question est : à quel horizon ?
Dans un scénario d’émissions optimiste, l’élévation devrait être de l’ordre de 35 centimètres en 2080 comparé au niveau moyen de 2000. Dans un scénario d’émission pessimiste elle devrait dépasser 50 centimètres. Une élévation beaucoup plus rapide ne peut cependant pas être exclue dans ce dernier scénario : en cas de dislocation rapide de la calotte glacière antarctique (scénario du GIEC dit « low confidence »), le niveau de la mer à Belém aurait une probabilité de 5% de dépasser 145 centimètres, soit près d’un mètre et demi, à l’horizon 2080.

Figure 2 : Elévation du niveau moyen de la mer par rapport à 2000, selon le scénario d’émissions (projections « low confidence »)
Source: Callendar ClimateVision
Dans les situations les plus défavorables, l’élévation du niveau de la mer pourrait ainsi dépasser un mètre, exposant certaines zones basses de la ville à un risque d’inondation permanente. Même sans atteindre ce niveau, l’élévation de la mer entraine mécaniquement une aggravation des risques de submersion lors d’événement climatique extrêmes. Elle peut aussi contribuer à la dégradation des infrastructures et à des intrusions de sel dans les réserves d’eau douce.
Pas d’évolutions marquées pour les précipitations et le vent
Des projections de précipitations et de vent ont également été réalisées, y compris une étude des extrêmes.
Le cumul annuel de précipitations pourrait baisser dans les prochaines décennies avec une baisse plus marquée dans les scénarios d’émissions élevées. En 2080, la baisse pourrait atteindre 5% en cas de réduction rapide des émissions (scénario SSP1-2.6) et 15% environ dans le scénario le plus défavorable (SSP5-8.5).
En revanche l’études des extrêmes de précipitations et de vent ne montre pas de tendance discernable.
A propos de Callendar et de ClimateVision
Callendar est une startup climate-tech française. Sa mission est d’accélérer l’adaptation au changement climatique en facilitant l’anticipation des risques climatiques.
Callendar propose des applications web gratuites et en accès libre destinées au grand public, ainsi que des outils pour les entreprises et les organismes publics.
Les projections climatiques pour la ville de Belém ont été réalisées avec ClimateVision V1.1, la solution professionnelle de Callendar. ClimateVision permet de produire et d’analyser des projections climatiques détaillées pour n’importe quel point de la planète en quelques heures.
Contact presse
Camille Guedamour - presse@callendar.tech
Tel. : +33 7 66 10 46 81