Feux de forêt et risques industriels : étude des effets du changement climatique sur l'exposition des installations Seveso
Les incendies de Gironde et des Landes en 2022 et de nouveau en 2026 ont montré que les feux de forêt présentent un risque réel pour les sites industriels. Récemment l'incendie de la forêt de Fontainebleau a également confirmé que le risque de feu de forêt s'étend désormais au-delà des régions historiquement concernées. Avec le changement climatique, cette exposition va continuer à s’étendre et à s’intensifier. Où en est le risque aujourd’hui pour les installations industrielles à risques en métropole ?

En 2022, Callendar publiait une première étude consacrée au risque de feu de forêt pour les installations industrielles clasées Seveso. Quatre ans plus tard, nous avons actualisé notre analyse pour prendre en compte l’évolution des implantations industrielles, de nouvelles données forestières et les nouvelles projections climatiques alignées avec la Trajectoire de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique (TRACC).
En France métropolitaine, 467 sites classés Seveso sont aujourd’hui situés suffisamment près de forêts pour être menacés en cas d’incendie, soit plus d’un tiers des installations Seveso. Parmi eux, 265 sont classés Seveso seuil haut.
En 2022, nous avions identifié 316 sites classés Seveso à proximité de forêt. Cette augmentation s’explique en partie par l’utilisation de données forestières plus fines, mais également par l’évolution des implantations industrielles : parmi les 167 sites créés ou classés Seveso depuis 2022, 76, soit 45 %, sont situés à proximité de forêts.
Le risque de feu de forêt est déjà présent pour la majorité des installations Seveso aujourd'hui
Le changement climatique a déjà profondément modifié l’exposition de ces installations. Grâce à des projections détaillées d'Indice Foret Météo (IFM), nous montrons que dans le climat des années 1990, la plupart des installations n'étaient jamais exposées un risque élevé de feu de forêt. Dans le climat actuel, les trois-quart des 467 sites situés à proximité de forêts sont exposés à un risque élevé au moins un jour par an en moyenne, et un site sur six l’est plus de cinq jours par an.
Cette évolution s’accompagne d’une extension géographique du risque. Autrefois concentrée sur le pourtour méditerranéen, l’exposition à un risque élevé s'étend déjà à l’ensemble du territoire. En Île-de-France, par exemple, les 35 installations Seveso situées à proximité de forêts sont exposées en moyenne à 3,2 jours de risque élevé par an, contre 0,3 dans le climat de référence.
L'aggravation du risque incendie va se poursuivre sous l'effet du changement climatique
Dans les prochaines décennies, cette tendance va s’accentuer. Dès le milieu du siècle, presque tous les sites étudiés seront régulièrement exposés à un risque élevé de feu de forêt. La proportion de sites exposés à plus de cinq jours de risque élevé passe de 8 % dans le climat des années 1990 à 16 % aujourd’hui, 46 % en milieu de siècle et 62 % en fin de siècle. Le risque progresse notamment dans l’ouest de la France et en région parisienne. À la fin du siècle, les installations étudiées seront exposées en moyenne à 17 jours de risque élevé par an en Charente, 14 en Loire-Atlantique et 9 en Île-de-France. Dans les régions historiquement les plus exposées, cette période pourra dépasser deux mois par an.
Enfin, ces conditions moyennes masquent des années particulièrement défavorables. Lors d’une année anormalement sèche ou chaude, le niveau de risque peut être atteint beaucoup plus rapidement que ne le suggèrent les seules valeurs moyennes : ainsi le niveau d'exposition attendu pour 2050 peut déjà se présenter une année sur 5 aujourd'hui. L'étude des conditions moyennes peut donc conduire à surestimer le temps disponible pour l'adaptation.
Ces résultats montrent la nécessité d’intégrer dès aujourd’hui l’évolution du risque de feu de forêt dans la prévention des risques industriels, les plans d’urgence, le dimensionnement des moyens de secours, mais aussi les décisions d’implantation et d’investissement sur les sites industriels.
Cette étude dans la presse :
Pour aider les exploitants de sites Seveso à anticiper les risques climatiques, Callendar combine expertise scientifique, données climatiques et connaissance des enjeux industriels afin d’évaluer l’exposition des installations et d’identifier les vulnérabilités critiques. Cette approche permet de traduire les projections climatiques en données opérationnelles utilisables dans des décisions concrètes : sécurisation des équipements sensibles, renforcement des infrastructures ou intégration du risque climatique dans les investissements et la maintenance.
Vos installations sont-elles préparées aux conditions climatiques d’aujourd’hui et de demain ? Contactez-nous pour réaliser une évaluation climatique opérationnelle de vos sites et intégrer l’adaptation au cœur de votre stratégie de gestion des risques industriels.




