top of page

Choisir des données climatiques pour un projet d'adaptation : les sources publiques.

  • il y a 2 minutes
  • 7 min de lecture

Avec la multiplications des événements climatiques extrêmes et l'arrivée de nouvelles réglementations comme la CSRD ou le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique, de plus en plus d'entreprises doivent se doter d'une stratégie d'adaptation. L'ISO 14090, le Diag Adaptation de BPIfrance, le protocole PVIEC canadien, la méthode OCARA et de nombreuses autres approches existent... mais toute ont le même point de départ : accéder à des projections climatiques fiables et locales.

Quelle que soit l'entreprise et la méthode utilisée, une démarche d'adaptation commence presque toujours par la même question : à quoi dois-je m'adapter ?

Pour répondre à ce besoin, plusieurs sources de données publiques et gratuites ont été mises en place. Pour une entreprise qui débute dans sa démarche d'adaptation, il peut être difficile de s'y retrouver. Dans cet article, nous vous proposons un tour d'horizon des principales sources de données climatiques publiques : Atlas du GIEC, Climate Data Store, DRIAS et ESGF.


Le portail DRIAS : la référence française

Commençons, par ce qui est certainement la source la plus utilisée en France : le portail DRIAS est le fruit d'un consortium scientifique regroupant Météo-France, l'IPSL et le CERFACS. Il permet d'accéder à des projections climatiques prêtes à l'emploi avec une très bonne résolution spatiale, de l'ordre de 8 kilomètres. Les projections sont corrigées et peuvent dont être utilisées directement, cependant les méthodologies retenues ne permettent pas d'utiliser ces données pour le calcul d'indicateurs multivariés.

L'utilisation du site est relativement simple mais l'ergonomie et l'accompagnement sont réduits au strict minimum. Même si le portail propose quelques éléments de vulgarisation, l'utilisateur est largement livré à lui-même, ce qui peut aboutir à une mauvaise utilisation des données.

Il s'agit d'une source de référence pour les organisations publiques et de nombreux acteurs privés en France mais sa conception même l'oblige à s'arrêter aux frontières de la France métropolitaine. Les outremers sont partiellement couverts mais avec des données beaucoup plus lacunaires, et les entreprises qui ont des chaines d'approvisionnement ou des usines à l'étranger sont laissées sans solutions.

Pour une entreprise industrielle du CAC 40, en moyenne 75 à 80 % du CA de la chaîne d'approvisionnement et des sites de production se situent à l'international. DRIAS ne peut donc pas fonder une évaluation risques et une stratégie d'adaptation à l'échelle de l'entreprise.

De plus, DRIAS est un un service généraliste. Il met à disposition des indicateurs pré-calculés mais ceux-ci ont peut de chance d'être adaptés au besoin d'un projet spécifique. En particulier, il ne propose aucune données sur les phénomènes climatiques extrêmes.

Enfin, DRIAS est entièrement basé sur les modèles et les scénarios du 5e rapport du GIEC (projections CMIP5 et scénarios RCP) qui risquent de devenir rapidement obsolètes dans les prochaines années.


L'Atlas du GIEC : une source mondiale, pratique mais très agrégée.


L’Atlas interactif du GIEC est une des nouveautés majeures développées dans le cadre du 6e rapport d’évaluation du GIEC. Son but est de rendre accessibles les projections climatiques issues des modèles utilisés dans ce rapport (CMIP6). Des projections de la génération précédente (CMIP5 et Cordex) et des données historiques sont également disponibles.


Capture d'écran de l'Atlas du GIEC
Capture d'écran de l'Atlas du GIEC : Température moyenne (scénario SSP5-8.5, fin du siècle)

L'atlas permet aux utilisateurs de visualiser en quelques clics des données climatiques selon différents scénarios (SSP ou RCP) et niveaux de réchauffement. Il couvre l’ensemble du globe mais avec une résolution spatiale grossière : les résultats sont disponibles à l'échelle de grande régions, par exemple continent ou bassins versants majeurs.


Une vingtaine d'indicateurs sont proposés mais les données ne sont en général pas corrigées. Comme pour DRIAS, les indicateurs proposés sont généralistes et ne comprennent pas d'étude des valeurs extrêmes. Combiné à leur faible résolution, cela fait de l'atlas du GIEC un puissant outil de sensibilisation, mais peu exploitable dans le cadre d'étude locales ou industrielles.


Climate Data Store de Copernicus : bibliothèque européenne de données climatiques

Le Climate Data Store de l'observatoire européen de la Terre propose un accès libre à de nombreux jeux de données climatiques dont des projections basées sur les scénario du 5e et du 6e rapport du GIEC. Cependant la plupart de ces projections ne sont pas corrigées, c'est-à-dire qu'un débiaisage sera nécessaire avant toute utilisation, cette étape est complexe et nécessite une réelle expertise. Il est cependant à noter que Copernicus propose de nombreuses ressources, y compris des formations gratuites.

Certains indicateurs prêts à l'emploi sont aussi proposés, par exemple pour les secteurs de l'énergie ou de l'agriculture. Selon les cas, la couverture géographique est européenne ou mondiale. La résolution peut aller de la dizaine de kilomètres à l'échelle régionale.


ESGF : outil de référence pour les experts

L'ESGF (Earth System Grid Federation) est un projet de coopération internationale destinée à fournir une infrastructure pour le partage de données en science de la Terre. Ce système est utilisé par les climatologues du monde entier et pratiquement toutes les projections climatiques existantes y sont disponibles.

L'ESGF est cependant extrêmement complexe et peu ergonomique. Le simple accès aux données via l'ESGF nécessite une bonne connaissance du système, la maitrise des standards utilisés en recherche sur le climat et l'utilisation d'un langage de programmation.

Les données disponibles sont pour la plupart brutes et devront faire l'objet de nombreux traitements avant de pouvoir être utilisées.


Quelle source de données climatiques pour quel usage ?

On le voit chacune de ces sources présente des limites qui les rendent plus ou moins adaptées selon l'objectif :

  • L'Atlas du GIEC est l'outil idéal pour une sensibilisation rapide, les outils de visualisation intégrés permettant de communiquer les changements sans aucun travail complémentaire.

  • DRIAS est une source incontournable dans le contexte français lorsque les informations recherchées restent générales, par exemple dans le cadre de PCAET pour les collectivités ou d'un premier screening de risque climatique.

  • L'ESGF et le Climate Data Store sont les seules sources qui permettront de calculer des indicateurs avancés (par exemple des indicateurs propres à une activité ou à un secteur) mais elles nécessitent une réelle expertise.

Cette catégorisation permet de s'apercevoir d'un problème : le besoin d'expertise devient de plus en plus lourd au fur et à mesure que l'on avance de la sensibilisation vers l'étude détaillée indispensable pour un plan d'adaptation.

L'utilisation de données DRIAS requiert typiquement 1 à 2 jours de travail pour un utilisateur déjà expérimenté. Celle de l'ESGF ou du CDS peut nécessiter des semaines de travail et un savoir-faire technique et scientifique pointu. En pratique peu d'entreprises ont la capacité à mener ces études.

C'est pour éviter que les démarche d'adaptation s'échouent à ce stade que Callendar a développé ClimateVision. Cette solution permet d'accéder à des indicateurs avancés, par exemple pour la mise à jour de base de design technique, en quelques heures et sans faire appel à une expertise spécifique.

Même s'il s'agit d'une solution payante, l'utilisation de ClimateVision est en pratique moins couteuse que les ressources humaines nécessaire à la réalisation d'une étude équivalente à partir de sources gratuites.

Le tableau ci-dessous récapitule les principales caractéristiques des différentes solutions :

Outil

DRIAS

Atlas du GIEC

Climate Data Store

ESGF

ClimateVision

Génération

CMIP5

CMIP5 et CMIP6

CMIP5 et CMIP6

Toutes

CMIP6

Couverture

France

Monde

Europe ou monde

Monde

Monde

Résolution spatiale

~ 8 km

Régionale

Variable (> 10 km)

Variable (> 10 km)

jusqu'à 4.5 km

Données prêtes à l'emploi

Oui

Non

Non (sauf exception)

Non

Oui

Indicateurs

Généralistes

Généralistes

Quelques indicateurs sectoriels

Non

Indicateurs sectoriels et industriels

Facilité d'utilisation

Peu ergonomique

Très simple

Complexe

Très complexe

Très simple

Outils d'analyse ou visualisation

Non

Oui

Partiellement

Non

Oui

Support scientifique

Docs limités

Non

Docs et formations

Non

Docs, formations et accès à des climatologues


Cas d'usage : réaliser une étude de risques climatiques alignée sur la TRACC à l'échelle d'une entreprise

Pour illustrer la complémentarité de ces différentes sources, imaginons qu'une entreprise souhaite réaliser une étude des risques climatiques sur ses sites conformément à la nouvelle Trajectoire de Référence pour l'Adaptation au Changement Climatique. Pour de nombreux secteurs, notamment dans l'industrie et les infrastructures critiques, ces études vont devenir obligatoire en application du Plan National d'Adaptation au Changement Climatique.

La source la plus adaptée a priori est DRIAS, qui propose des indicateurs alignés sur la TRACC (nous mettons d'ailleurs à disposition une application gratuite pour y accéder simplement). Selon le nombre de sites, le téléchargement et l'exploitation des données DRIAS peut nécessiter de l'ordre de quelques jours à 2 semaines de travail, par exemple pour la réalisation de tableaux de bord.

Cette première approche peut cependant se révéler inadaptée, par exemple si l'entreprise exploite des sites hors de France ou si les indicateurs par défaut proposés par DRIAS ne répondent pas aux besoins. Dans ce cas, il est possible d'obtenir des projections alignées sur la TRACC à partir de données issues de Copernicus ou de l'ESGF (selon la méthode expliquée ici), mais cela nécessite une expertise rarement disponible. Confiée à un cabinet d'étude spécialisé, ce projet pourrait facilement représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros et de l'ordre de 4 mois de travail.

Bien que payant, ClimateVision va se révéler largement plus économique que les sources de données gratuites. Le service permet d'évaluer presque instantanément l'ensemble des actifs mondiaux, dans le respect de la TRACC, avec une méthodologie et des données cohérentes entre les sites français et les sites à l'étranger. L'étude comprend les indicateurs classiques disponibles via DRIAS mais aussi des indicateurs sectoriels adaptés aux besoins de chaque projet. Et comme les données climatiques ne suffisent pas, Callendar propose un accompagnement par un climatologue de l'équipe pour s'assurer que les résultats sont bien compris et utilisés.

_________________________________________________________________________________

Vous avez besoin de données climatiques pour votre entreprises ? Gagnez du temps : parlez nous-en !


Depuis 2019, Callendar est un des pionniers des services climatiques aux entreprises. Intervenant auprès de grands acteurs industriels, de projets critiques mais aussi de centaines de milliers de français au travers de nos applications grands publics, nous saurons forcément vous orienter vers la solution adaptée à vos besoins.

bottom of page